
MA POUSSE
Ma petite puce pousse de jour en jour,
Ma petite pousse passe de bras en bras.
Elle plisse les yeux qui dépassent à peine de sa couette molletonnée.
Elle se déplace par saut de puce dans son pousse-pousse de nouvelle née.
Ma petite puce tête son pouce,
Je la repose sur le drap.
Elle pince les plis de son pull tressé,
Agite les bras, finit par les baisser.
La nuit les yeux gonflés, rivés sur les étoiles,
Ses pleurs caressent mes sens à rebrousse-poil
Quand ses quenottes
Frappent à la porte.
Petit poussin pressé de voir pousser ses plumes,
Je te vois chaque jour jouer avec tes ailes,
Pressée d’être debout, une grande qui s’assume,
S’envolant de la cage, faisant la courte échelle.
Ma petite puce va laisser son papa,
Elle a encore quelques siècles devant elle.
Aujourd’hui c’est nounou qui l’aura,
Mais demain, qui me prendra ma belle ?
Dors ma Lison ce soir, sans même t’interroger.
Serre ton doudou bien fort pour mieux t’ensommeiller.
Le marchand de sable ne passe plus une fois âgé,
Profite de moi, de nous, et de ton oreiller…
Petit poussin pressé de voir pousser ses plumes,
Je te vois chaque jour jouer avec tes ailes,
Pressée d’être debout, une grande qui s’assume,
S’envolant de la cage, faisant la courte échelle.

