20 juin, 2009


A LIER ?

Désert de sable et de cailloux
Je ne respire qu'une fois sur deux
Une poussière blanche jusqu'aux genoux
Et des moulins au fond des yeux

Je suis l'ultime chevalier
Muni d'une lance à incendie
J'ai ignoré mon destrier
Parti pour de verts paradis

Je poursuis une quête insensée
Combattre des moulins à eau
A vent, de mon cœur ou à café
Tout ce qui tourne rond et joue faux

A coup de phrases lacrymogènes
Je chasse l'ennui, la perfection
Mes ronds de fumée pour fumigènes
L'amour comme seule addiction

Nul ronronnement aux alentours
Point de moulin ni trace d'ennui
Seul bourdonnement au loin des tours
Ma camisole, ma lance, ma nuit

Le vent soulève le silex
Les particules élémentaires
Pénètrent au cœur de mon cortex
Ainsi je chute face contre terre

Ils vont me rattraper maintenant
Deux jours de fuite en Mer de sable
Un être happé qu'on dit dément
En quête de suites à ses douces fables.
LA FLEUR DE SEL

Les images défilent sous mes yeux allumés
Plus de pages en bile pour un cœur embué
Mon âme a retrouvé le chemin de la joie
Des larmes enfin sauvé mes mains cherchent tes doigts

Sous une tour de Paris sur un tapis roulant
Tout autour semble gris mais mon noir est si blanc
Tes billes croisent les miennes laissant filer les murs
J'attendais que tu viennes pour vivre à vive allure

Tes jambes immobiles frôlent les parois glacées
Tremblantes elles filent dans ce drôle d'escalier
Je remonte la plante jusqu'à la fleur de sel
La honte qui me tente je me dis qu'elle est belle
Je remonte sa pente et caresse ses ailes
Je compte et me tourmente... je ne peux vivre sans elle

Les jours, les années passent, nos destins sont liés
Nos traces ne s'effacent sur des chemins piégés
Les cheveux blonds blanchissent et les noirs disparaissent
Les bébés ronds grandissent, de petits espoirs naissent

Le vieux tapis roulant annonce sa fin
Et l'un des vieux amants s'habille de sapin
Tes billes croisent les miennes laissant filer les murs
J'attendais que tu viennes pour vivre à vive allure
Tes mains caressent les miennes et nos cœurs restent purs
J'attendais que tu viennes, tu étais mon futur.

19 décembre, 2008




ECHEC A L'AME





C'est toujours le pire moment,
Le soir, juste avant le coucher,
Je dois cracher ma bile absolument
Vider mon sac, dire le pire pour toucher
Exister pour ne pas sombrer
Haïr pour ne pas mourir

Deux petits gardes fous protègent le roi
Il ne les oublie pas cette fois

Cette haine qui monte par paliers
C'est du kérosène pour mon bombardier
Au Napalm que je voudrais soigner
Cette gangrène qui me ronge tout entier
Couper, brûler, amputer l'âme
Pour retrouver le calme...................

Deux petits gardes fous aiment leur roi
Il pense à eux cette fois

Expulser la douleur, ne pas la retourner
Contre soi, c'est rester sain et sauf
Sain de corps, mais l'esprit déjà bascule
Sauf, et encore, des idées se bousculent
Rien de radical, juste du noir en série
Ne se faire de mal qu'aux neurones qui dévient

Deux petits gardes fous comptent sur moi
Et moi je compte les jours qui me séparent de toi...

17 décembre, 2008




ET RE-

La même, mais en couleur
La même chute, la même peur
La même lutte, la même douleur
Les doigts trébuchent, les yeux saignent
Le coeur vacille, le nez coule et les oreilles jouent faux
Toutes ces paroles jetées en pâture
Lourdes, si lourdes qu'elles blessent le tympan
Elles traversent l'échine, me paralysent aveuglément
Puis vient le soir, la nuit, les larmes qui durent
Le sommeil absent, le ventre creux qui crie à l'aide
On se triture,on se torture, on cherche le remède
On sait qu'il n'y en a pas, alors on hurle son silence
On crie aux murs et à son oreiller sa peine immense
Le matin, on a juste sommeillé, et remontent les larmes
Par l'ascenseur des sens, on descend au dernier sous-sol
Alors il faut reprendre le dessus pour un moment et pour les enfants
Je pensais avoir gagné le Combat ordinaire
J'ai perdu, il n'y a plus rien à faire...

24 avril, 2008


AY...
C 'était le printemps
Et pourtant il a neigé
Cela faisait longtemps
Qu'il voulait s'alléger
Ce matin tout est blême
Tout est si nickel
Est-ce parce qu'il aime
Son âme à elle
Qu'il a failli hier soir
Semer à tire d'ailes
Les dernières graines noires
De sa vie telle
Une bouteille à la mer
Vie minérale qu'elle
A rendue trop amère
Merde...Où est -elle ?
Il est temps de redescendre
L'ascenseur brûle, prends l'escalier
Si tu ne veux pas finir en cendre
Encore moins fou à lier
Ouvre les yeux sur ce blanc
La neige rend grâce à Dieu
Elle ne dure que le temps
De faire des voeux pieux
Laisse-moi vie sauve
Et je serai le meilleur des flocons
Je ne regarderai pas l'herbe mauve
J'arrêterai de jouer au con
Pour toi je serai prêt à fondre
A suer sang et eau
A ne plus confondre
L'étang et l'étau
J'aime l'onde stagnante
A la surface tout est beau
Pas de pression étouffante
Qui change le verbe en maux
Il est temps d'en faire une boule
Jette-la fort contre une poubelle
Ne vise donc pas la foule
Ni les flics, ni la belle
Vise ta cabeza
Ay que dolor
Y que tristeza
Ay mi amor...

09 avril, 2008


40 A.,QUAD 9 ?

C'était beau ces pavés qui volent
Ces casques sans moto
Ces chauffeurs sans bagnole
Ces gens qui se lèvent tôt
Pour marcher dans des rues sans pavé
Sans taxi sans essence.
Putain, il est où Hervé ?
Toujours en panne des sens.
Des sens trop uniques
Ceux que l'on veut me mettre
Ces programmes en tuniques
Bleues, peu de place pour le maître.
Une vraie daube en boîte
Que ces nouveaux programmes
J'en ai les mains moîtes
Et je ne parle pas des coupes sombres
Dans la noble Education
Il nous reste la part d'ombre
Du tribunal d'Inquisition.
Dans la mise en concurrence
L'école n'échappe pas au bonneteau.
J'écris donc je pense
Je crie non aux mesures démago.
Mardi je serai en grêve
Pour crier au ministère
Ton programme ? Crève !
Et puis nique ta mère...

24 juillet, 2007


L'ANKOU RAGE

Personne ne sait ici comment tu as réussi
Le hold-up du siècle en braquant le Paradis
Devant le Père de Jésus-Christ tu devais être nu
Ton nom était écrit, ton heure était venue

Mais tu as filé à l'anglaise devant l'illustre Saint-Pierre
En ne te présentant pas, tu es devenue une âme qui erre
Et là-haut comme en bas, tout le monde te cherche partout
Un contrat est sur toi, ils ont mandé l'Ankou

L'Ankou a bien changé depuis le fond des âges
Elle n'obéit plus aux ordres des grands mages
Elle ne parle plus qu'en termes de stock options
La mort est un métier à rendement optimum

Plus question de bosser gratis pour Dieu ou Lucifer
Elle veut être rétribuée comme tout bon mercenaire
Mais pour ta tête elle a fait une réduc'
Elle va te faire ta fête, une énorme Saint-Luc

En te ratant la dernière fois quand tu rentrais de soirée
C'était la neuvième fois que tu faisais tout foirer
Avec tes paquets de clopes et tes verres quotidiens
La Mort t'a fait crédit et la vie te le rend bien

Ankou style, Ankou style, c'est la bataille

Maintenant ça suffit, il faut te résigner
Dimanche soir à vingt heures l'Ankou vient te chercher
Comment ça t'arrange pas ? Tu veux voir la finale ?
Mais tu penses à la faucheuse quand tu n'es pas au plus mal ?

Elle en a marre d'avoir honte chaque fois que tu t'échappes
Quand le soir au bord d'une falaise en voiture tu dérapes
L'Ankou voudrait pour toi plus que des écorchures
Et tu t'en sors indemne sans une égratignure

Maintenant fais ta valise, n'y mets que tes péchés dedans
T'a-t-elle dit dimanche soir en pleine première mi-temps
Pas même le temps d'une bière elle a porté le coup
Qui t'a jeté sous terre, contrat rempli pour l'Ankou

Tu retrouves ta famille, ton père parti trop tôt
Tu rejoins tes deux filles devenues jolis lots
Des copains, des amis quittés adolescents
A toi maintenant d'attendre, à toi d'être patient...

23 juillet, 2007



LA DIVA EN DEROUTE

Trench coat cintré sur mes épaules
Rouge à lèvre Dior et contour noir
Gel sur mes mèches, un peu de khôl
Diesel bien strech, Chanel du soir

Sandales aux pieds fraîchement achetées
Pas de chaussettes aux pattes
Juste deux souliers aux reflets pailletés
Pas de socquette en laine, ces trucs ça gratte

Cela fait dix minutes que je souffre le martyr
Mes orteils sont en sang et la peau se déchire
Les cloques de mes pieds ne font qu'un avec le cuir
En plastique de mes shoes et je n'ose rien dire

Même la môme de trois ans est mieux équipée que moi
Des baskets qui courent vite, la poussette quand ça monte
Ni Lancôme pour enfant ni grole en peau de chamois
Une pensée vient, m'habite, ça s'appelle la honte...

PERDRE ET GAGNER

Vouloir gagner du temps c'est parfois perdre la vie
Tel le beauf au volant
Alors que l'on gagne parfois sa vie en perdant son temps,
Tel le vigile à Auchan
Perdre son sang froid sans garder la vie sauve
Le genre Fracass'Man de service
Ou garder la tête froide sans avoir le sang chaud
Sancho, pas ça, non, pas ça fils...
Se laisser gagner par ses émotions et perdre un peu le contrôle
Ou prendre le contrôle et perdre en sensations
Prendre les gens pour des cons et les laisser pour ce qu'ils sont
Perdre la main à la roulette en gardant la raison
Puis prendre la main d'une poulette et perdre la raison
Demander sa main sans prendre de précaution
Te prendre une veste ou un râteau et pleurer ton coeur en deuil
Laisser l'avenir à ceux qui se lèvent tôt et blesser ton orgueil.

LE CORBEAU

Sur le quartier les nuages se font lourds
Ils portent le silence et la colère des habitants
Tout le monde sait maintenant qui fait l'amour
Adultère grâce aux messages intermittents

On renseigne, on espionne, on écoute
Tous les faits et gestes sont vite rapportés
Qu'en chaque innocent germe le doute
Que chaque mensonge soit plus lourd à porter

Lettre, radio, portable ou télégramme
Le corbeau ouvre son bec bavard et malfaisant
Il n'atteint le bonheur que lorsque éclatent les drames
Et met un point d'honneur à être malveillant

La boulangère montre ses miches pour qui veut bien payer
Le charcutier rajoute des chats à ses viandes de l'étal
Il aime enfiler des bas noirs et des strings panthère rayés
Dans les soirées à thème jugées un peu spéciales

Eh bonjour monsieur du corbeau
Que vous êtes joli, que vous me semblez beau
Sans mentir si votre ramage se rapporte à votre plumage
Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois

L'instit est un poivraud qui fait fumer ses gosses
Sa femme est une catin qui ne paye pas ses courses
Elle n'a pas son pareil pour faire pousser la bosse
Au vigile de service en parlant de la Bourse

Monsieur Perron, pharmacien de son état
Semble très tolérant en matière de Subutex
Pour les jeunes en manque et sans duplicata
Il approvisionne contre un peu de latex

Eh bonjour monsieur du corbeau
Que vous êtes joli, que vous me semblez beau
Sans mentir si votre ramage se rapporte à votre plumage
Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois

Le dernier scoop en date attaque l'église
Si le dimanche pascal il prône la chasteté
Monsieur le curé pourtant semble avoir sa promise
Et même de source sûre cacher une belle portée

Face à cette oppression la résistance s'organise
On pose des questions, on le veut trépassé
Par une indiscrétion lors d'un concours de tise
On remonte le filon à la maréchaussée

Eh bonjour monsieur du corbeau
Que vous avez pâli, que vous me semblez gros
Sans mentir si votre tapage se rapporte à votre breuvage
Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois
Le plus gros Obélix du côté de son foie
Un meilleur double mixte que Mauresmo Noah
Un Vercingétorix dans un cheval de Troie
Un pitt au regard fixe qui fait régner sa loi
Une barque sur le Styx qui coule avec son roi.

20 juillet, 2007




POURQUOI TANT DE HAINE

Pourquoi me réveille-t-on à six heures et demie
Alors que mes yeux sont encore endormis

Pourquoi me retires-tu ma poupée des mains
Lorsque je m'apprête à rentrer dans mon bain

Est-il indispensable de me sortir de l'eau
Abandonner ainsi Dora sur son radeau

Pour quelle raison m'impose-t-on ces couches
Craignez-vous la vision de quelque étron louche

Pensez-vous qu'il soit vraiment nécessaire
De me gaver de soupes de légumes verts

Que cachez-vous dans vos tiroirs fermés
Des mots à ne pas lire de vieux fantômes aimés

Pourquoi m'envoyer au bal des petits lits blancs
Quand mes yeux pleins de larmes sont ouverts tout en grand.

Pourquoi tant de haine
Quand je vous crie je t'aime

LE FUMEUR CELESTE

Toute une vie durant à téter la cartouche
Il frôla au printemps la main de Sainte Nitouche
Chose terrible en ce temps qu'être pris au dépourvu
Mourir si violemment bien plus tôt que prévu

Sans avoir eu le temps de prendre la moindre douche
La vieille faucheuse tire sur une clope un peu louche
Elle vient de l'appeler d'une voix d'outre-tombe
A l'ultime céphalée le voilà qui succombe

A Saint-Pierre qui s'approche il s'adresse en ces mots
"Auriez-vous dans vos poches quelconque Marlboro
Sans que je vous désoblige, Monsieur le costumé ?"
N'ayant pas pris ses tiges, il n'a rien à fumer

C'est alors qu'arriva le grand Père supérieur
"Comme disait Jéhovah, fit-il d'un ton rieur
Un cône au coin du bec, deux patches sur les ailes,
Quand le tabac est sec, ton paquet renouvelle !"

"C'est pourquoi je te renvoie sur Terre pour quelques heures
Chercher des Riz Lacroix et mon Amsterdamer
Fais du tour des tabacs les divines provisions"
L'autre espérait tout bas réussir l'évasion

Ce fut la seconde fois que l'on vit un messie
Ce coup-ci sans les rois ni les cérémonies
Il se fit oublier de tous, de Dieu le Père
Personne ne l'a revu, pas même Lucifer.

07 juin, 2007


L'AGE DE LIERRE

Elle n'a plus toute sa tête
Il lui reste quelques dents
Ce n'est plus jour de fête
Pour ma vieille grand-maman

Quand on était malades
Elle prenait soin de nous
Depuis qu'elle part en balade
Sa vie n'a plus tout son goût

Quand elle perd ses billes
On l'aide à les retrouver
Sa mémoire part en vrille
Vers une autre contrée

Où sont tous ses amants
Partis depuis longtemps
Son mari, sa maman
Ont rejoint son enfant

Son horloge est cassée
Elle cherche sa montre tout le temps
En a souvent assez
Mamie dit qu'elle attend

Elle attend chaque instant
Et réclame sans arrêt
Son pain ou ma maman
Qui le ferait exprès

Quand elle débranche sa prise
Elle remet tout à zéro
Tout enfant devient surprise
Qu'il soit Lison ou Roméo

Dur pour les autres à côté
Mais que dire pour elle
Quand tout devient étranger
Le sort devient cruel.

26 mai, 2007

COMPTER LES BOSSES

Stress sur les gosses
Pour tout, n'importe quoi
Compter les bosses
Mais tout compte pour moi
Flipper pour lui
Se rendre malade
La peur garantie
Une panique en balade
Quand les neurones se fixent
Sur une idée sombre
Tout au coeur de la rixe
Ma lumière contre l'ombre
J'espère tant avoir tort
Et me tromper de bobine
Que j'appuie vraiment fort
Sur cette humeur maligne
Que la parano meure
Que la pellicule brûle
Que son train soit à l'heure
Pour qu'éclate ma bulle
Je ruine une existence
Avec autant de soucis
Je le suis donc je pense
"Que ce soit moi pas lui..."
En hypocondriaque
Je vois le mal partout
Je me foutrais des claques
J'ai tort un point c'est tout.

09 mai, 2007


LE JEUDI C'EST SARKOSY
(ça marche avec les autres jours aussi, incroyable...sauf le dimanche, jour de repos)

Aujourd'hui, s'il fait gris
C'est la faute à Sarkosy
Demain, s'il fait pas beau
Ce s'ra la faute à Sarko
Si en mai il fait froid
C'est la faute au p'tit hongrois
Si en août on meurt de chaud
Ce s'ra la faute au facho

Bon je sais c'est pas terrible,
Juste une comptine de manif
Pour notre Ivan le terrible
Qui a eu la place du Calife
Il pleure de joie
Et nous rions de colère
Il parle pour moi
Va nous faire la misère

Avec Sarko Moulage
Tous en uniforme
Quelque soit ton âge
Rentre bien dans sa norme
Pas trop jeune, pas trop âgé
Pas trop pauvre, pas trop bronzé
Plutôt de droite, no izquierda
Nana ? D'accord mais pas trop moche
Prof ? Si te gusta la mierda
Homo ? Si y'a caillasse au fond des poches

Ce texte est comme la France
Il est de pire en pire
Ces sales rimes sont une souffrance
Comme nous, elles n'ont plus rien à dire
Elles sont aussi de plus en plus pauvres
Celle-la est la dernière il faut que je me sauve.
En fait c'est la pénultième
Pour faire un doigt au P'tit La Peine...

05 mai, 2007



A VOTE !

Demain c'est le grand soir
On élit le Grand Sachem
Si la fumée est noire
Ca sent le petit Golem
Le feu dans les dortoirs
C'est pas trop ce que j'aime
Mais quand les chenilles des chars
Ecrasent l'amour qu'ils sèment
Les enfants de la Haine
Brûlent tout leur espoir
Alors, tout trépasse
La voiture du voisin, ou bien son magasin
Au printemps fleurissent les carcasses
Dans les prés du chagrin
En fumant l'herbe tendre on attend que ça passe
Que l'armée reprenne tout en main
Qu'importe qui le fasse
Lui, la peine ou ses copains
Entre la pile et sa face
Ils ont choisi le nain
A coup de karcher les Lettres sautent
Le vocabulaire manque dans leur dico
On sait très bien que c'est de sa faute
Il est responsable de tous les mots
Je lui filerais bien une sale note*
Si j'étais prof de Sarko...




*avé l'assent du Sud Ouest

06 avril, 2007

POUPOULIDORPA


A chacun sa plaie, à chacun son vice
Ma plaie à moi c'est mon fils
On l'appelle Poupou le relou
Quand il dort il est si doux
Mais pour le coucher là c'est walou
Il ne trouve pas Morphée du tout
Un vrai guérillero du sommeil
Il dort jamais, il veille
Si tu le berces, il ronfle,
Si tu le couches, il se dégonfle
Il est comme truffé de capteurs de lit
Un truc relié à la peur de minuit

Il m'épuise, il me flingue
Qu'on se le dise, il me rend dingue

Une gueule d'ange, les petites cornes en plus
Un moineau du Gange les kilos en sus
Ce soir, trop cool,
Il s'est couché avec les poules
Pas celles du poulailler
Non, celles du quartier
Onze heures du soir, c'est mieux qu'hier
Quand à minuit il faisait le fier
Comment fait-il pour se lever
Pour à 6 heures être au taquet
Malgré tout ce qu'il a en stock
Il ne tiendra jamais le choc

Je l'aime, l'adore mais il me flingue
Mon fils en or qui me rend dingue.

Non mais Poupou t'as vu l'heure ?
A minuit, même les sorcières ont peur
Les loups sont rentrés dans leur tanière
Et le lit a dévoré ta mère
Ton père a les yeux cernés
Ils vont se rendre puis se fermer
Mon petit vampire qui vit la nuit
Ne semble pas avoir saisi
Que lorsque l'on crie "Dors !"
Ca n'veut pas dire "On joue encore ?"
Petit Che du gros dodo
Quand je te berce se plie mon dos
Plus mes lombaires dansent la gavotte
Plus la scoliose devient mon pote
D'abord en "S" puis comme un "Z"
C'est tout mon corps qui crie à l'aide


Je t'aime, t'adore mais tu me flingues
Mon fils en or tu me rends dingue.

C'est plus possible mon gros pépère
Tu risques d'achever ton père
Il est déjà tout cassé de partout
Tu veux qu'je cane mon p'tit Poupou ?
Quoi tu sais plus très bien depuis que je crie ?
Maintenant c'est snif mon vieux, bonne nuit
Deux anges te protègent et te guident sur la piste aux étoiles
Dans ta gigoteuse beige tes petites billes se voilent
Tu visites la Voie Lactée sur un biberon géant
La voie est éclairée, tu voles vers le néant
C'est enfin le sommeil paradoxal
Et je retrouve ma vie normale.
Mais quand viendra la trêve
Pour le guetteur de tes rêves ?...

11 novembre, 2006


MA POUSSE

Ma petite puce pousse de jour en jour,
Ma petite pousse passe de bras en bras.
Elle plisse les yeux qui dépassent à peine de sa couette molletonnée.
Elle se déplace par saut de puce dans son pousse-pousse de nouvelle née.

Ma petite puce tête son pouce,
Je la repose sur le drap.
Elle pince les plis de son pull tressé,
Agite les bras, finit par les baisser.

La nuit les yeux gonflés, rivés sur les étoiles,
Ses pleurs caressent mes sens à rebrousse-poil
Quand ses quenottes
Frappent à la porte.


Petit poussin pressé de voir pousser ses plumes,
Je te vois chaque jour jouer avec tes ailes,
Pressée d’être debout, une grande qui s’assume,
S’envolant de la cage, faisant la courte échelle.


Ma petite puce va laisser son papa,
Elle a encore quelques siècles devant elle.
Aujourd’hui c’est nounou qui l’aura,
Mais demain, qui me prendra ma belle ?

Dors ma Lison ce soir, sans même t’interroger.
Serre ton doudou bien fort pour mieux t’ensommeiller.
Le marchand de sable ne passe plus une fois âgé,
Profite de moi, de nous, et de ton oreiller…


Petit poussin pressé de voir pousser ses plumes,
Je te vois chaque jour jouer avec tes ailes,
Pressée d’être debout, une grande qui s’assume,
S’envolant de la cage, faisant la courte échelle.

01 novembre, 2006



LE DOMINO

(Trois vieux assis sur un banc, des voix à la Cabrel : "Le Domino, il a fait trop de mal au village !...")

Superbe ligne droite bordée de platanes
A bord de son bolide Jean-Steevy kiffe à mort
Sorti tout droit de boîte il refoule la gentiane
Puis c'est le beauficide, triste fin sans effort

C'est le centième cette année : en guise de cadeau
Un pauvre mannequin noir sur le bord de la route
Une couronne de fleurs fanées offerte par le Domino
C'est pas le premier péquin ni le dernier du mois d'août

Le Domino et ses sept pistes de danse
Ses trois niveaux et ses huit ambiances
Son entrée libre et ses dix consos gratuites
Ses bastons garanties, ses retours sous bonne cuite

Le Domino, il a fait trop de mal au village !...

Les vieux en conseil se sont tous rassemblés
De leur main pend un gun pour qui veut protester
Dans le bar de Marcel leurs voix fêlées tremblaient
Pour protéger les jeunes, les deux seuls qui restaient

Alors quelle solution pour Kévin et Laurane
Faire sauter le Domino ou sucrer les sorties ?
Faire voter une motion "Anti démonte de crâne"
Ou faire rentrer les minots à pieds dans la nuit ?

Le Domino et ses douze pistes de danse
Ses cinq niveaux et ses tristes ambiances
Son entrée libre et ses mille consos gratuites
Ses bastons garanties ses retours sous bonne cuite

Ainsi fut décidé pour les jeunes rescapés
Sans leur laisser le choix d'un départ pour Paris
Où la mort jamais ne pourrait les frapper
Sur un retour de boîte au petit matin gris

Ils découvrirent là-bas les entrées à vingt sacs
Les consos au même prix qui freinent l'alcoolémie
Enfin pour repartir un taxi pour Tolbiac
Ils gardèrent sauve la vie, pas leurs économies

Vive la Loco' qui torture tes finances
Ses douze videurs qui te mettent dans l'ambiance
Pas d'entrée libre ni de conso à l'oeil
Ses bastons garanties qui te mènent au cercueil...

30 octobre, 2006



MAREE HAUTE


"L'essentiel est invisible pour les yeux
Avec le coeur on voit bien mieux"
Mais le brouillard se fait plus dense
Au fond des billes en souffrance

Une légère brume naît dans leur creux
Certains coups de fils vous rendent vieux
Marée haute au canal lacrymal
Alerte à la larme matinale

La péniche noire flotte sur l'eau calme
Elle garde une place pour mon âme
En poussant bien tous les chagrins
On doit pouvoir y mettre le mien

Quand le voyage s'arrêtera
Dans quelques jours ou quelques mois
On a tous besoin de souffrir
Pour savoir qu'on ne veut pas mourir

La mort d'un proche rappelle la nôtre
Tout comme la maladie des autres
Ces vraies douleurs si contagieuses
En deviennent presque lumineuses

La peine n'est pas un but en soi
Juste un moyen de comprendre pourquoi
Et comment on doit s'en échapper
Pour que la vie puisse nous rattraper.


LA TEIGNE EST TROP NAIVE

Je me suis fait piquer
Ca m'est tombé dessus
Je me suis fait mickey
Ca ne m'a pas déçu

Et se faire dévorer
Par un doux parasite
J'ai vraiment adoré
D'autant plus que m'habite

Un sentiment étrange
D'avoir sur lui vaincu
Ce désir que l'on range
Au fond du convaincu

En deux mots comme un seul
Elle m'a presque tondu
Au poil dans mon linceul
Je n'ai pas tout perdu

Pour m'avoir tant saigné
D'y penser j'en salive
Elle croit avoir gagné
La teigne est trop naïve


HEUREUX QUI COMME ULYSSE DEUX MILLE SIX

Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage
Ou comme cestui-là qui conquit la toison
Et puis est revenu, plein d'usage et raison
Vivre entre ses parents le reste de son âge
Quand reverrai-je hélas...

Et merle, purin de chtaros au beau milieu du zen
Ca me fait le blair d'Idargos, comment cerner Hélène
Il faut que j'appelle Minos, j'en suis plus à un alien

C'est vrai quoi, vraiment pas d'crû
L'unique Homère l'a jamais raconté
Comment Ulysse le fort, l'invaincu
Par l'acné fut démonté
Ecumé de sa mère, puis porté disparu
La honte au bout du coeur, le mutin fâché

J'allais pourtant l'emballer
A bord de mon char trois chevaux
Direction le Pirée
Pour la boîte des héros
Là-bas je larguais Circée
Elle m'avait trop briqué l'cerveau

Heureux qui comme Ulysse
A fait un beau voyage
Mais tu vois Fils,
Tout ça, c'est plus d'mon âge...

Mais cette nuit pas l'ombre d'une branche
Ma mite, je lai rangée avec mon couteau
Et décidé de rentrer au ranch
Partant du port sur mon vaisseau
Poséidon a eu sa revanche
J'ai pas compris, comme une voie d'eau

Oh, en deux coups d'cuillère à pot
Mes aventures prirent fin
Plus de sirène, de Scylla, de Calypso
Pour une sombre histoire de baisemain
Le Dieu vengeur m'expédia sous les flots
Mais qui racontera ça demain ?

Heureux qui comme Ulysse
A fait un beau voyage
Mais tu vois Fils
Tout ça, c'est plus de mon âge...

DUEL AUX CHANDELLES

Cette fois c'en est trop
Tu as franchi la ligne jaune
Veux-tu donc ma peau
Ma petite amazone ?

Au cours de ce dîner
Comme à ton habitude
Tu as froncé le nez
Quelle douce ingratitude

Duel aux chandelles
Plus sûre sera ma belle

Après tout mon amour
Je t'avais mijoté
Un souper de velours
Mais tu as sangloté

Tu m'as bien fait comprendre
Que tu n'envisageais pas
Avec larmes à revendre
De partager ton repas

Duel aux chandelles
Plus dure est ma rebelle

Ma belle demoiselle
Dînera seule ce soir
Du haut de sa citadelle
Elle hurle sa victoire

Pourquoi se disputer
Toujours plus forte que moi
Je ne veux plus lutter
Tu n'as que seize mois

Duel aux chandelles
Plus pure des Machiavel

29 octobre, 2006


L'ORPHELINE DE VENUS

Et puis quoi merde à la fin
On n’est pas obligé d’être tous en couple
J’en ai soupé de tous ces morts de faim
Qui veulent jouer à la poupée de cuir et plastique souple
Pourquoi n’a-t-on plus le droit
A des lèvres pulpeuses et un cul incendiaire
A trente ans plus qu’à vingt-trois
De tomber amoureuse d’un vrai célibataire
Il faudrait que je partage
Cette chaude aventure avec une autre vie
Plus que d’avoir passé l’âge
Je suis moins sûr de l’envie
Au fond de mes filets résille
Serrer le plus beau des poissons
Frôler son épine, ah, elle pétille
Lui arracher fute et caleçon
Alors je lui sors le grand jeu
La toupie infernale en briquette japonaise
Puis c’est le condom hors-jeu
La recette maison d’une grande mayonnaise
Mais ce soir c’est tranquille
Excepté mon dîner point de sauce en sus
Ni d’homme à croquer dans une posture virile
Un peu abandonnée, l’orpheline de Vénus

18 octobre, 2006

UN TAUREAU AU CUIR TENDRE

J'ai vu mourir mon père coincé dans l'arène
De piques dans le flanc et d'épées dans la tête
Privé de ses oreilles il n'était plus le même
Applaudi par la foule, mais sourd, c'est bête...

Certes avant d'y passer il m'avait prévenu :
"Reprends le flambeau et bouffe du torero
Découpe-lui son costume qu'il en ressorte nu
Tu pourras faire le beau et sortir en héros."

Pour mon premier combat et ne pas être blaireau
Je me suis entraîné en soulevant de la fonte :
Cent kilos par sabot, ça vous forge un taureau,
Ainsi suis-je devenu l'aîné des mastodontes.

"L'espagnol, l'espagnol" m'acclamaient tous les veaux.
Dans le pré d'herbe tendre, couvert de fiers lauriers,
J'imaginais déjà un ultime Nimeno,
Son costume à reprendre, un poil contrarié.

La réalité fut sensiblement différente :
Me ruant sur le clown dès la première seconde,
Je vis une toréra et des plus attirantes,
Plus loin de Danyboon que de la fraîche Joconde.

Par toutes les cornes de la Terre,
C'était Marie Sara qui cette fois me cherchait !
Elle contrariait mes plans la Bonne Mère,
De son corps svelte dès lors m'amourachai...

Elle tomba la muleta, je la pris sur mon dos,
Et la suite me montra que je n'avais pas tort :
On a vu des taureaux aimer des toreros,
Elle m'a donné depuis un charmant Minotaure !

15 octobre, 2006


J'AI BRAQUE TON AME

J'ai braqué ton âme un soir d'erreur
Elle s'est mordue de douleur jusqu'au sein
Je ne visais pas ton coeur mais le mien

J'ai braqué ton âme un soir de peur
Comme on braque une banque en petit braqueur branque
Puis j'ai tiré du tank d'un pauvre rocker en manque

L'abus t'a pénétré sans pourtant éclater
Ton âme l'a encaissé
Habituée à ces hostilités

Sans même chercher à l'éviter
Elle fut grièvement blessée
Dans sa profonde complicité

J'ai troqué mon arme pour l'Armée du salut
Le salut de ton âme qui m'en a bien voulu
J'ai mérité cette gifle que tu ne m'as pas donnée
C'est mon coeur qui renifle de n'être pardonné

Que ça me serve de leçon une bonne fois pour toutes
Ou que j'en paye la rançon mais de cela je doute
Otage de ma colère je me tiens prisonnier
La rage est rancunière et l'amour buissonnier.

LE TYRAN

Cela fera deux mois le dix
Que le pouvoir a changé de main
Pour être précis ces douze heures six
Vont faire chanter nos lendemains

Tout est allé si vite
Réquisition des meubles, des pièces
Libertés surveillées, plus de visites
Des cris pour modérer la liesse

La conscription fut générale
Plus de dérogation foireuse
Toute désertion sera fatale
Et n'aura pas d'issue heureuse

En pleine nuit un ordre peut jaillir
Le général a faim crie-t-on soudain
Il hurle, s'agite pour se faire obéir
Et sa faim justifie nos moyens

Il boit, il pète, il rote
Aucune tenue, si peu d'éducation
Nous somme si fiers de notre despote
Roméo, frère cadet de Lison

Une garde robe si impériale
Que toute princesse serait flattée
D'accompagner aux plus grands bals
Le tyran en Audi Tétée

Mais elle devra patienter
Encore un peu, il n'est pas prêt
Ses couches sont encore trop lestées
Et il ne boit que du lait frais

Il boit, il pète, il rote
Aucune tenue, si peu d'éducation
Nous l'aimons tant notre despote
Qui réclame toute notre attention

Nous aimons tant notre despote
Que nous sommes en adoration
Devant nos monstres en couches-culottes
Qui nous font souffrir la passion

11 octobre, 2006

ACCORDS PERDUS


Trouble exigence, double existence
J'avance comme je pense
Je pense donc j'essuie
Les plâtres de mes accords perdus
Enfin, pas pour tout le monde
Tous ceux que je poursuis
Et pour qui je serai pendu
A cette corde vers l'outre-tombe
Petit monte charge vaniteux
Qui ne monte que ce qu'il veut
Mais descend tout ce qui passe
Maigre ascenseur véreux
Trépassant aux aveux
Descendu dans l'impasse
Trouble expérience, double pénitence
La honte pour le désir
La peur pour le plaisir
De la plus haute importance
C'est combien un avenir
L'omnibus pour mourir
Ca vaut l'envie de traîner
Sans s'ennuyer avant de caner
Sécher la Vieille en étant fier
Qu'elle trouve alors dans son carnet
A mon nom la mention "ajourné"
Et réussir sa mort buissonnière
Si peu de choses te gardent en vie
Alors fais les comptes et vise
Le bonheur est affaire d'envie
A chaque instant rafler la mise
Après, tu mets la barre à ton niveau :
Moi, on m'a jamais appris le caniveau.
RIEN NE VA PLUS

Rien ne va plus
Les jeux sont faits
Et je suis à la rue
Complètement défait

Mes doigts fourmillent
Mon coeur s'emballe
Il dilate mes pupilles
Et ma peau se sent mal

Pourquoi en deux secondes
Le temps d'une pensée noire
C'est tout mon corps qui tombe
Ce matin qui fait soir

Impossible de contrôler
Cette panique inconnue
Fermer les yeux, souffler
Non, rien ne va plus...

Comme avant, ni après
J'aimerais ne pas être maintenant
Mais sous le chant d'un cyprès
Dans un calme apaisant

Je me sens si perdu
Là, les arbres cèdent la parole
Aux quelques cris aigus
De petites herbes folles

Une herbe m'a sauvé
Elle m'a aidé à guérir
Je ne peux la fumer
Pourtant elle me fait rire

Elle a poussé neuf mois
Je l'attendais gentiment
Elle est venue à moi
Du ventre de sa maman

Il me prend tant de temps
Je n'ai que lui à pANser
Il me donne tant et tant
J'en suis récompensé

Comme un médicament
C'est un remède unique
Mon petit homme calmant
Sans forme générique

Le seul hic dans l'histoire
Lorsque mes doigts fourmillent
Pour vaincre me idées noires
...J'agrandis la famille !